Effets d'une explosion solaire cataclysmique

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L'éruption solaire

Une éruption solaire est un événement primordial de l'activité du Soleil.

Explosion solaire enregistrée le 5 décembre 2006 par l'imageur à rayons X du satellite GOES-13. L'explosion a été si intense qu'elle a endommagé l'imageur qui a pris cette photo.

Lors d'une éruption solaire deux types de phénomènes sont essentiellement produits:

  1. Depuis la surface de la photosphère est projeté au travers de la chromosphère un jet de matière ionisée de plusieurs centaines de milliers de kilomètres de long. Ce jet de matière (plasma) peut-être éjecté dans l'espace et voyage à une vitesse comprise entre 200 et 1000 km/s, dépendant de la puissance de l'éruption initiale.
  2. En plus des particules et des rayons cosmiques, l'éruption s'accompagne d'un intense rayonnement (UV, rayons X, etc.) qui perturbe les transmissions radioélectriques terrestres (orage magnétique) et provoquent l'apparition des aurores polaires en entrant en interaction avec le champ magnétique terrestre.

Ces deux composantes ne voyageant pas à la même vitesse elles arrivent au voisinage de la Terre de manière asynchrone, la première mettant quelques heures à dizaines heures pour atteindre la terre, la seconde quelques minutes.

Incidemment, elles sont responsables de trois phénomènes identifiés comme sources de perturbation par le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA, organisme qui aux Etats-Unis surveille la météo solaire):

  1. Les orages magnétiques ou tempêtes géomagnétiques,
  2. Les tempêtes de radiations solaires,
  3. Les black-out radio, liés aux rayonnements solaires.

Cet article détaille ces phénomènes et leurs possibles dérivations. Comme nous allons le voir, nous serions totalement démunis face aux conséquences que pourrait avoir une explosion solaire d'ordre 1 000 fois supérieur à toutes celles que nous avons connues ces 20 dernières années. Or, c'est une chose qui peut arriver en moyenne une fois tous les 250 ans.

Ainsi, si la tempête de 1859 est considérée comme la plus violente tempête solaire jamais enregistrée par l'homme, elle s'est produite dans un contexte historique qui ne permet pas -à puissance égale- de comparer les effets qu'elle aurait eu sur la société actuelle : le monde dans lequel nous vivons est radicalement différent et, en particulier, est devenue totalement dépendant des moyens électroniques: ceux-ci maintiennent toute notre économie, devenue dématérialisée. Mais plus grave peut-être encore, au-delà du risque pour notre économie, celui qui pèse sur notre savoir qui repose de plus en plus dans les mémoires de disques dits "durs".

Les effets extrêmes d'une super tempête solaire

Dans le cas d'une super explosion solaire, les aspects "ciel rouge" lié à l'ionisation et "blackout" électrique sont généralement appréhendés. Moins bien identifiée est la tempête d'éclairs (ou tempête électromagnétique) qui accompagnerait un tel phénomène, si ce n'est au travers de certains films de SF, en relation avec l'usage d'armes électromagnétiques. Et ne sont quasiment jamais évoqués les aspects chimiques liés à la destruction de la couche d'ozone et la production de nitrates (NOx), qui pourtant à terme seraient bien plus destructeurs !

1. L'orage magnétique (ou tempête géomagnétique)

L'"orage magnétique" est provoqué par les rafales de matière coronale que le soleil éjecte et qui viennent comprimer le champ géomagnétique terrestre. Les vagues de plasma créent au niveau du sol terrestre des champs magnétiques induits: ce sont ces champs qui sont mesurés suivant un indice appelé Kp (exprimé en nano-Teslas). Au delà d'un certain seuil d'activité ces perturbations magnétiques provoquent ce que l'on nomme un orage magnétique. Il existe deux types d'orage magnétique:

  • l'orage à "démarrage progressif" : d'intensité moyenne, aux conséquences plus localisées et se produisant souvent avec une certaine régularité correspondant à la période de rotation du Soleil sur lui-même.
  • L'orage à "démarrage brutal" : (SSC : Storm Sudden Commencement) qui touche toutes les latitudes, plus intense pendant les maxima du cycle solaire et suivant les éruptions solaires (chromosphériques) de quelques dizaines d'heures, il est accompagné d'une intense émission de rayons UV et X affectant les couches ionosphériques, s'ajoutant à des averses de protons rapides ;
Un orage magnétique est induit par la pression des vagues de plasma solaire exercée sur les lignes du champ magnétique terrestre.
Étendue et intensité d'un orage magnétique sur l'hémisphère nord.
NATURE DES RISQUES GÉOMAGNÉTIQUES LES PLUS EXTRÊMES TELS QU'IDENTIFIES PAR LE NOAA

Une tempête géomagnétique dite "extrême" est notée G5 par le NOAA. C'est l'indice le plus élevé dans son échelle de notation. Une telle tempête aurait les effets suivants:

  • Systèmes d'alimentation: généralisation des problèmes de contrôle des réseaux d'alimentation, certains systèmes de la grille peuvent s'effondrer complètement ou présenter des interruptions. Les transformateurs peuvent être endommagés.
  • Satellites : les satellites peuvent rencontrer des problèmes liés à des dépôts de charge en surface (causant des arcs électriques), connaître des problèmes d'orientation, de communication et de suivi du satellite.
  • Autres systèmes: les courants induits sur les pipelines peuvent atteindre des centaines d'ampères, la propagation des ondes radio HF peut être rendue impossible pendant un ou deux jours, la navigation par satellite peut être dégradée pendant quelques jours, la fréquence radio-navigation basse fréquence peut-être "out" pendant plusieurs heures. Des aurores sont observées à des latitudes de 40°.

Selon le NOAA type ce type tempête géomagnétique se produit 4 fois en moyenne par cycle de 11 ans.

Notons immédiatement que 4 événements tous les 11 ans, ce n'est pas si rare! Cela nous laisse entrevoir l'existence de tempêtes géomagnétiques d'ordres de puissance bien plus élevés.
Afin de mieux s'en rendre compte, j'ai projeté les probabilités que de tels événements géomagnétiques surviennent au-delà de l'indice G5 et jusqu'à des ordres de grandeur 100 000 fois supérieurs :

NOAA geomagnetic storms scale.png

La fonction d'approximation du second degré approximant la fréquence d'une tempête géomagnétique en fonction de son degré de puissance X sur une échelle log/log est:
Y = -0.0897X2+0.727X+1.5061 et de fait la période sur une échelle non log s'écrit, P = 1/10Y Ce qui nous donne, tel que résumé dans le tableau ci-dessus:

  • un événement ayant 10 fois la puissance d'une G5 surviendrait une fois tous les 17 ans,
  • un événement ayant 100 fois la puissance d'une G5 surviendrait une fois tous les 246 ans,
  • un événement ayant 1000 (!) fois la puissance d'une G5 surviendrait une fois tous les 5 346 ans.

Ce sont des échelles de temps qui nous disent qu'un tel événement n'est absolument pas improbable au cours de notre existence! Que se passera t-il alors ? Difficile à dire. On imagine toutefois que des orages géomagnétiques de cette intensité seraient susceptibles de produire au niveau du sol des courants induits affectant les systèmes électriques d'une manière similaire à celui d'une explosion EMP ; bien qu'il ne s'agisse pas directement d'une explosion EMP, (cela s'apparenterait à une explosion EMP très "molle"), cela rendrait impossible toute communication radio et rendrait inopérant l'ensemble des réseaux électriques. Des départs de feux seraient également engendrés au niveau des transformateurs électriques, voir des sites de production d'électricité. Mais ensuite ?

Effets sur le réseaux de transport électrique, en particulier les transformateurs touchés. Une nuit noire s'installerait pour plusieurs semaines voire mois.
Black-night-fires.png

Ce qui est certain à ce stade, c'est que cette hypothèse et ses risques ne semblent pas être correctement appréhendés puisqu'exempts d'indications sur les sites officiels du NOAA... La NASA a toutefois réalisé une étude prospective, néanmoins sans fournir d'ordres de grandeur chiffrés. Plus récemment, j'ai relevé l'article ci-après qui semble soutenir l'idée qu'un "pulse électromagnétique solaire" fait son chemin, même au sein du NOAA:

Nouvelle du Dr. William Forstchen qui aurait attiré l'attention des militaires américains (!)

COULD AN ELECTROMAGNETIC PULSE WIPE OUT CIVILIZATION?

New ‘End of the World’ Scenario Gets Serious Attention, July 20, 2009
Source: Hot Indie News

Black Mountain, NC, July 20, 2009 – Dire predictions of a coming apocalypse are popular again, but never before have they been accompanied by such chilling scientific gravitas.

Dr. William Forstchen’s best-selling novel One Second After – which details the horrific aftermath of an electromagnetic pulse (EMP) attack on the United States – has caught the attention of military commanders and lawmakers in Washington . The book’s scenarios also align with frightening new predictions from an international panel of experts led by NASA and the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

Even if high-atmosphere nuclear blasts don’t cause an EMP effect that wipes out civilization as we know it (as happens in Dr. Forstchen’s One Second After), the same result could conceivably come from solar flare and geomagnetic activity.

NOAA experts now predict a potentially catastrophic peak of solar geomagnetic activity in May of 2013.

Doomsday theorists have been trumpeting an earlier date: Dec. 21, 2012, which is when the ancient Mayan cyclical calendar is set to end, supposedly with catastrophic consequences. Nostradamus and the ancient Egyptians also are said to have predicted world cataclysm in the year 2012.

Newt Gingrich, former Speaker of the U.S. House of Representatives, sides with Forstchen and the NASA/NOASS report, urging that we takes this cautionary tale very seriously. Gingrich presented facts outlined in One Second After to the American Israel Public Affairs Committee at its annual policy conference. Gingrich stressed that while the book is fiction, it’s based on accurate facts, and the U.S. has no national strategy in place to respond to such a threat.

Forstchen says an EMP blast, whether from nuclear bombs or solar activity, could destroy our entire electronic, transportation and communications infrastructure in less than one second. The frightening result? Within a year, 90 percent of all Americans could be dead, according to reports by the Congressional EMP Commission.

NASA & NOAA don’t necessarily expect Doomsday from the 2013 solar peak, but its experts are very concerned.

“Even a below-average cycle is capable of producing severe space weather,” said Doug Biesecker of the NOAA Space Weather Prediction Center . “The great geomagnetic storm of 1859, for instance, occurred during a solar cycle of about the same size we’re predicting for 2013.”

The 1859 storm electrified transmission cables, set fires in telegraph offices, and produced Northern Lights so bright that people could read newspapers by their glow. A recent report by the National Academy of Sciences found that if a similar storm occurred today, it could cause up to $2 trillion in damages to the world’s high-tech infrastructure and require up to 10 years to repair.

Among those in Washington who read One Second After and now advocate preventative action are Lt. General Henry Obering, head of the Missile Defense Agency, and Roscoe Bartlett (R-Md.), head of the Congressional Investigative Committee on EMP.

William Forstchen is a faculty fellow and professor of history at Montreat College in North Carolina . His many books include Gettysburg and Pearl Harbor , both co-authored with Gingrich. For more information, visit: onesecondafter.com.

W.E.B. Griffin, author of 36 best-selling military and detective novels: “The only thing more terrifying than this masterfully crafted story is the possibility of it actually happening – and not a damn thing being done to protect us.”

Publisher’s Weekly: “Fans of such classics as Alas, Babylon and On the Beach will have a good time as Forstchen tackles the obvious and some not-so-obvious questions the apocalypse tends to raise.”

Whitney Scott (Booklist): “In a Norman Rockwell town in North Carolina … military action by unlikely people becomes the norm in Forstchen’s sad, riveting, cautionary tale, the premise of which Newt Gingrich’s foreword says is completely possible.”

Notez que cet article rejoint exactement ce que je dis sur ce site : il n'existe pas (au moins de façon apparente) de stratégie mise en place au niveau national pour répondre à une telle menace: IL FAUT SE RÉVEILLER DE NOTRE DOUX RÊVE DE SOCIÉTÉ DE L'INFORMATION.

2. La tempête de radiations solaires

La tempête de radiations solaires désigne l'effet provoqué par les ions et électrons transporté par la matière coronale sur l'atmosphère terrestre. Ordinairement, le champ géomagnétique terrestre dévie la plupart de ce plasma. Toutefois une partie de celui-ci peut s'approcher des couches les plus denses de l'atmosphère en circulant le long des lignes de champ magnétique ce qui crée des aurores boréales. Généralement elles se forment au niveau des cercles polaires, là ou les lignes de champ magnétique se rapprochent du sol tout en conservant une intensité suffisante.

Le phénomène se généralise lorsque la pression du plasma devient très intense, le champ magnétique terrestre s'écrase et la matière ionisée peut alors embraser l'atmosphère sous des latitudes très basses, voire l'ensemble du globe.

Aurore rouge observée à Athènes en Novembre 2003. © Anthony Ayiomamitis.
NATURE DES RISQUES DE RADIATIONS SOLAIRES LES PLUS EXTRÊMES TELS QU'IDENTIFIES PAR LE NOAA

Une tempête géomagnétique dite "extrême" est notée notée S5 par la NOAA. Là également c'est l'indice le plus élevé retenu dans l'échelle de notation des radiations solaires (bien sur, l'échelle est ouverte!). Une telle tempête aurait les effets suivants:

  • Sur le vivant: risque d'irradiation inévitable pour les astronautes en sortie extra-véhiculaire ; les passagers et les équipages d'avions volant à haute altitude pourront être exposés au risque de radiation.
  • Satellites: les satellites peuvent être détruits, des impacts sur les mémoires peuvent causer une perte de contrôle ou créer un bruit important dans les données d'images. Les systèmes de positionnement par suivi d'étoiles être incapables de localiser leurs sources; des dommages permanents aux panneaux solaires sont possibles.
  • Autres systèmes: blackout complet dans les HF (Hautes Fréquences) possible au dessus des régions polaires et des erreurs de positionnement GPS peut rendre les opérations de navigation extrêmement difficiles.

Selon le NOAA type ce type tempête géomagnétique se produit 1 fois en moyenne par cycle de 11 ans.

Là, encore une fois, "pas de quoi fouetter un chat" a t-on envie de dire. Toutefois, c'est bien parce que le bouclier atmosphérique joue son rôle et permet d'arrêter les ions et électrons à une altitude d'environ 10 km. Sans cela les effets sur le vivant seraient délétères!

Mais sommes nous certain d'avoir tout vu ? Certainement pas !

NOAA Solar-radiations-storm.png

Là ou l'échelle de probabilité des tempêtes géomagnétiques admettait des événements d'ordre 1000 fois supérieur sur une échelle de 5346 ans, les radiations solaires relevées pourraient être 10 000 fois supérieures à l'échelle de 7554 ans: un rapport quasiment de 1/10 en vitesse de progression comparée, qui peut-être expliqué par une meilleure diffusion énergétique au niveau du point de mesure (flux de particules en s-1 ster-1 cm-2 mesuré directement dans l'espace).

A quoi pouvons nous bien nous attendre ?

En cas de tempête plus sévère, il n'est pas dit que cela change foncièrement le risque pour le vivant au niveau du sol et vis à vis du bombardement de particules, et bien que certaines puissent atteindre le plancher des vaches ("ground level events").

Red-sky-sparks-smog.png

Cela pourrait avoir - de façon sporadique et aléatoire - un effet plus délétère et plus spécifique sur les équipements électroniques au sol, par des dépôts de charge en leur sein, et leur mise en court-circuit, à l'instar de ce qui peut se passer dans les satellites.

3. La tempête de rayonnements solaires

Au niveau du sol, l’atmosphère nous protège de certaines longueurs d'ondes comme le rayonnement gamma qui signe les événements parmis les plus violents de l'Univers.
L'effet Tcherenkov peut être observé par des télescopes de nouvelle génération permettant par déduction de retrouver la source des rayons gamma à l'origine de la cascade d'événements électroniques

Une grande partie du rayonnement solaire est -heureusement- en grande partie absorbé par la haute atmosphère.

Si la quantité de plasma solaire (matière ionisée) reçue augmente (pour peu que nous soyons dans la direction du jet) le rayonnement incident aussi. S'il est acquit que la Terre reçoit pendant une éruption les classiques rayonnements infrarouges, UV, X ... il aussi possible qu'elle reçoive un rayonnement Gamma en provenance du soleil. Et cela s'apparenterait à scénario de cauchemar puisque c'est ce rayonnement qui est utilisé dans une explosion nucléaire pour créer un effet EMP ! (Electro-Magnetic Pulse)

Notre atmosphère constitue normalement un écran opaque au rayonnement gamma, cela ne signifie pas pour autant qu'elle nous "protège" d'un effet qu'elle participe dans ce cas à créer: l'effet EMP.

Sparks-fires-emp.png

En effet, si la cause d’un effet EMP est généralement l'intense émission de rayons gamma qui suit une explosion d'engin nucléaire, cet effet ne s’exerce pas directement. Les rayons gamma entrent en collision avec les électrons des molécules de l'air et les éjectent en leur communiquant une énergie importante selon un processus appelé "diffusion par effet Compton" : les électrons libérés entrent à leur tour en collision avec des électrons liés et ceci crée de nouveaux électrons libres et se désintègrent en formant une cascade d’électrons. Il se produit également de la lumière, c’est l’effet « Tcherenkov ».

A noter qu'en cas de très forte explosion solaire, cet effet Tcherenkov pourrait être aussi perçu par de nombreuses de nombreuses personnes au sol qui verraient alors des phosphènes (même les yeux fermés ou derrière un mur!), et correspondant au suites finales d'un jeu de billard créé par des avalanches d'électrons au sein même du liquide oculaire.

Effet Tcherenkov dans l'espace

Les astronautes des missions Apollo s'étaient tous plaints de phosphènes lors de leurs missions. On découvrit que ces troubles visuels lumineux étaient dues à l'effet Tcherenkov de particules du vent solaire à l'intérieur du liquide oculaire des astronautes. Dans son livre, "Sonate au clair de terre", le spationaute français Jean-Loup Chrétien indique que de tels phosphènes se produisent sur Terre, au rythme d'un ou deux par année pour une personne moyenne. Dans la station Mir, Chrétien en a vu quelques uns par jour… Cet effet est beaucoup plus marqué chez les astronautes des missions lunaires, qui ne sont plus protégés par le champ magnétique terrestre.

Pulse électromagnétique : effets sur les infrastructures

Les courants destructeurs sont propagés par les antennes, et plus généralement par tous les fils conducteurs, les objets métalliques (comme les avions ou même les armatures métalliques des constructions). Le réseau de distribution électrique serait complètement paralysé.

Dans une ville, une zone habitée ou un espace industriel, il y aurait une perte immédiate des moyens d’alimentation électrique, des outils de communication. Paralysie pouvant s’étendre sur plusieurs mois.

Et même si les lieux sont protégés et blindés contre ce type d’attaque, la moindre faille peut permettre au souffle électromagnétique d’atteindre sa cible.

La présence d'électronique dans la plupart des systèmes utiles aux activités civiles, les rendent particulièrement vulnérables aux effets des attaques électromagnétiques. Une attaque EMP à grande échelle toucherait de nombreux secteurs critiques que sont l'approvisionnement électrique, les communications, les transports, le système bancaire ou encore les commodités, impactant de manière très sensible l'activité économique, voire les activités les plus basiques des particuliers.

De nombreuses infrastructures industrielles, usines de produits chimiques, raffineries ou encore centrales électriques gèrent leurs installations grâce à des systèmes électroniques (SCADA), qui régulent les différents flux en envoyant des ordres à des automates programmables industriels (API ou PLC). Ces modules électroniques ne sont généralement pas protégés contre les IEM et peuvent être installés dans des zones reculées. Plusieurs incidents liés à des impulsions électromagnétiques accidentelles sur les modules SCADA de pipelines et de gazoduc, ont eu des conséquences désastreuses.

Electrical-connexions.png

Les interconnexions entre chacune des infrastructures essentielles aux activités humaines renforcent cette vulnérabilité et augmentent le nombre de points d'entrée pour les effets dévastateurs d'une attaque électromagnétique. Elles constituent également un risque de dommages en cascade, la mise hors service d'un réseau critique entraînant la chute des infrastructures qui en dépendent. La perte des réseaux de communications, essentiels à la coordination des services d'urgences et de dépannage, entraverait les opérations d'assistance aux personnes et la reconstruction des systèmes touchés par l'IEM.

Cela peut produire une perte des moyens de défense d’un pays ainsi qu’un aveuglement des stations de surveillance. Les espaces médicaux (type hôpitaux), des milliers de personnes hospitalisées en soins intensifs, reliées à des appareils électro-mécaniques ou en chirurgie lourde se retrouveraient privées de ces aides et en danger de mort.

Les installations informatiques, les appareils de radio-transmissions, les véhicules ou encore les missiles, qui disposent tous de systèmes électroniques sont particulièrement exposés aux risques électromagnétiques: les commandes de tous les avions, civils ou militaires, cesseraient de répondre, condamnant les personnes à bord. Les sous-marins proches de la surface et soumis à ce souffle, se retrouveraient sérieusement paralysés et risqueraient de sombrer…

Dans son rapport de 2008, l'EMP Commission américaine a estimé qu'une impulsion électromagnétique déclenchée à une altitude comprise entre 50 et 130km d'altitude, au dessus d'une zone Baltimore-Washington-Richmond, produirait une impulsion couvrant un rayon d'au moins 800km et causerait des dégâts cumulés pouvant atteindre plus de 770 milliards de dollars. Dans les conditions les plus favorables, avec des infrastructures protégées au mieux contre les attaques EMP, les dégâts entraîneraient des pertes de 9 à 34 milliards de dollars.

Ces évaluations concernent la pire des hypothèses, à savoir une impulsion électromagnétique de forte puissance d'origine nucléaire.

Une expérience menée par les russes en octobre 1962, appelée ‘Operation K’
(ABM System A proof tests) 300-kt burst at 290-km altitude near Dzhezkazgan. Prompt gamma ray-produced EMP induced a current of 2,500 amps measured by spark gaps in a 570-km stretch of 500 ohm impedance overhead telephone line to Zharyq, blowing all the protective fuses. The late-time MHD-EMP was of low enough frequency to enable it to penetrate the 90 cm into the ground, overloading a shallow buried lead and steel tape-protected 1,000-km long power cable between Aqmola and Almaty, firing circuit breakers and setting the Karaganda power plant on fire.


L'activité propre au soleil génère des rayons gamma ? Allons! Cela se saurait ...

En dehors de l'effet compton inverse qui produit des quantités diffuse de rayonnement gamma dans l'atmosphère solaire, on ne se sait que depuis très peu d'années que le soleil génère directement de tels rayonnements : 2002.
En effet, c'est depuis 2002 qu'un satellite - RHESSI - étudie le soleil dans le gamma. Et la réponse est OUI! LE SOLEIL EMET DES RAYONS GAMMA! Mais pas exactement là où on les attendait, c'est à dire qu'ils ne se situent pas à l'emplacement du point d'émission des rayons X.

This superposition of RHESSI images of gamma-ray and X-ray emissions with a TRACE UV image (taken 90 minutes later) of the July 23, 2002, solar flare, clearly shows the large separation between the high-energy emissions. Solar physicists expected to see X-rays and gamma rays emerging from the same spots at the base of the flare loops. Credit: NASA/LMSAL

Voir ces deux animations du phénomène ou les rayonnements de haute énergie sont indiqués en bleu et rouge:

Références

Sur le super-flare de 1859

Site américain d'alerte sur une possible catastrophe EMP

Principes généraux d'une arme EMP : le Pulse Electro-Magnétique

S'il y a bien un effet qu'il faut redouter, c'est précisément l'effet Compton. Précisément, les rayons gamma lorsqu’ils pénètrent l’atmosphère n’arrivent quasiment jamais jusqu’au sol : ils sont arrêtés par les couches denses de l'atmosphère qui les transforment en cascades d'électrons créant ainsi "l'effet EMP".

Malheureusement pour nous, ce sont les impulsions gammas libérées à 30 km et plus qui donnent naissance aux effets EMP de plus grande ampleur : leurs effets destructeurs sont considérablement amplifiés. Une couche de gaz ionisé se forme sous le point d’injection du rayonnement gamma dont le diamètre dépend de l'horizon lié à l'explosion. Considérant une diffusion de rayons gamma provenant du soleil, avec un niveau d'énergie suffisant, l’effet pourrait être incalculable.

Lorsque les électrons chargés arrivent au niveau du sol, sans protection, ils détruisent les équipements électriques en les mettant en court-circuit. L'originalité des armes électromagnétiques réside dans le fait qu'ayant atteint un sous-élément conducteur de l'électricité, leur action peut se trouver propagée à distance par les conducteurs auxquels ceux-ci sont eux-mêmes reliés.

Schéma récapitulatif à reprendre avec les réactions chimiques en jeu. Exemple d'un autre phénomène survenant : la production de nitrates par interaction forte avec des atomes d'azote et d'oxygène de la haute atmosphère terrestre

L'impact des rayons gamma crée des électrons très énergétiques (MeV) qui accélèrent et spiralent le long des lignes du champ magnétique terrestre. Cela rappelle évidemment l’expérience Russe! Par contre la trajectoire était-elle orientée suivant les lignes de champ terrestre (approx N/S) ? A voir dans un prochain article)
Portée de l'effet EMP en fonction de l'altitude